
Couverture ChantLab septembre 2010
photo © Lauren Pasche
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Bulletin d’information chanson durant quatre ans, Chantlab’ info aborde une nouvelle étape et fait peau neuve en devenant ChantLab.
Premier magazine suisse 100% chanson francophone, ChantLab répond à une véritable demande et à un besoin. Il apporte un espace de visibilité aux artistes suisses et plus largement francophones, et contribue à ce que les divers acteurs de la chanson se rencontrent, publics, artistes et lieux de concerts.
Si la chanson est sans aucun doute l'expression artistique la plus répandue, elle est paradoxalement la moins développée dans les médias une fois dépassé le stade de la rubrique people et de la poudre aux yeux. Chantlab est donc un magazine pour parler de la chanson francophone. Toute la chanson francophone. Un peu et autrement de celle dont on parle partout et ailleurs, beaucoup de celle que la plupart des médias délaisse.
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On se demande bien pourquoi tout un pan de la chanson est ainsi ignoré alors que finalement la chanson médiatisée correspond à moins de 0.05% de la création globale à niveau professionnel dans ce domaine. On mesure ainsi à quel point l'information communément distillée est tronquée. "La censure ne sévit plus, de nos jours on pratique l'indifférence et l'ignorance." (Clément Bertrand)
Ne nous y trompons pas. La chanson ne se trouve pas uniquement dans les quelques grandes salles et arènes mastodontes. On la rencontre aussi et surtout dans de nombreux lieux plus modestes. Il est d'ailleurs étonnant que les adeptes de bouliers ne prêtent pas davantage attention à ce qui pourrait constituer un réseau d'importance en Suisse : tous styles confondus, 450 lieux, 11'300 représentations annuelles, plus de 1,3 million de spectateurs et des contrats se montant à un total de 40 millions. Tout sauf anodin.
La chanson est importante pour la culture parce qu'elle n'a pas l'air culturel. Léo Ferré.
Au-delà des chiffres, c'est bien à un choix de société devant lequel on se trouve. Alors que tout est là aujourd'hui pour partager la connaissance, la culture se dilue de plus en plus dans un formatage insipide. C'est qu'il y a confusion du sens chez les régnants. En ces temps d'accélération, les cerveaux semblent se liquéfier devant le convenu imposé et on assiste à la victoire de la pensée par procuration. Plus que jamais, il est donc nécessaire d'aiguiser la curiosité des uns et des autres et de rappeler que le formatage n'est pas une fatalité. Qu'importe ce que chacun pense, apprécie, aime, pourvu que ce soit par choix personnel. De là peuvent exister l'échange et le dialogue. Pouvoir choisir en connaissance implique que l'information circule et soit accessible au plus grand nombre.
"Les chansons sont la bande son de nos vies" Maxime Leforestier.
Qui d'entre nous n'a pas un refrain qui se balade dans sa mémoire, dans son quotidien. La chanson est à la fois confidente et expression de nos doutes, de nos espoirs, de nos colères, de nos sentiments intimes. Dès lors, on peine à croire que l'on puisse se satisfaire de la seule offre standard actuelle, où le mot se réduit à un vocabulaire minimum et à un propos bien souvent démagogique. En atteignant tous les milieux, toutes les classes et tous les âges, la chanson joue incontestablement un rôle social qu'il convient de ne pas galvauder. C'est pourquoi, laisser la chanson entre les seules mains des marchands de fadaises est pernicieux.
Indépendant et libre dans ses choix rédactionnels, ChantLab pose des passerelles entre les styles et les genres pour donner l'envie à chacun de découvrir celles et ceux qui font la chanson aujourd'hui. C'est un beau voyage d'émotions et de sens, puissions-nous le vivre ensemble. |